La lutte contre la corruption en Chine continue de faire tomber des têtes

En 2014, plus de 70 dirigeants d’entreprises chinoises détenues par l’État ont été contraints de quitter leurs fonctions en raison d’affaires de corruption. Les entreprises justifient ces départs en invoquant des « raisons personnelles ». Cette campagne contre la corruption est l’un des principaux combats du président chinois Xi Jinping depuis son arrivée au pouvoir en mars 2013.
 
Le 7 février 2015, le président de China Minsheng Banking Corporation a démissionné pour raisons personnelles. Au même moment, la presse révélait qu’une enquête était menée à son sujet. En janvier 2015, le président du conseil d’administration de Kaisa Group Holdings Ltd. a cédé sa place pour des raisons de santé, déclenchant un défaut de paiement sur l'un de ses prêts. L’entreprise est actuellement surveillée pour ses liens avec l’ancien chef de la police de Shenzen accusé de corruption.
 
Dans les dernières années, certains dirigeants chinois ont été incarcérés à la suite d’une enquête. En 2011, le secrétaire général de Samling Global Ltd. a quitté l’entreprise pour raisons personnelles. Il a en réalité été condamné à douze ans de prison pour fraude et blanchiment d’argent. En 2012, le président du conseil d’administration de VST Holdings Ltd a également démissionné pour raisons personnelles. On a appris par la suite qu’il avait écopé d’une peine de six mois de prison pour manipulation du cours de l’action.
 
Les régulateurs demandent que les sociétés cotées soient plus précises dans leur divulgation. Selon la Bourse de Hong Kong, un émetteur ne devrait pas justifier le départ d’un dirigeant pour raisons personnelles lorsque celui-ci est détenu par la police ou toute autre autorité. En 2012, la Commission des valeurs mobilières et des contrats à terme de Hong Kong a obtenu l’autorité de sanctionner les entreprises lorsqu’elles omettent de divulguer des informations sensibles telles qu’une enquête ou un procès impliquant un des dirigeants dès qu’elles en sont informées.
 
Le statut particulier de Hong Kong peut apporter de la confusion dans certaines affaires puisque les autorités et dirigeants de Hong Kong ne sont pas toujours au courant des enquêtes menées sur le pays. Les entreprises sont parfois forcées de suspendre le cours de leurs actions tant qu’elles ne divulguent pas les informations sur ces enquêtes menées dans le plus grand secret.
 
(Sources : Shai Oster, « Why Did the Chinese Executive Disappear? It’s ‘Personal’ », Bloomberg, 3 février 2015, http://urlz.fr/1A0Q, réf. du 13 février 2015; Craig Stephen, « China’s anti-graft campaign here to stay », MarketWatch.com, 27 avril 2014, http://urlz.fr/1A0S, réf. du 13 février 2015.)