Le président Obama met son véto à l'autorisation accordée au projet Keystone XL

Le 24 février 2015, le président des États-Unis, Barack Obama, a apposé son véto à l’autorisation accordée par le Congrès au projet Keystone XL de TransCanada. Ce projet de 8 milliards de dollars doit permettre l’acheminement du pétrole issu des sables bitumineux du Canada au golfe du Mexique. Le président des États-Unis estime que le Congrès outrepasse ses fonctions en voulant lui forcer la main. Il dit attendre les conclusions du Département d’État sur les impacts de l’oléoduc. Le président Obama n’exclut cependant pas de valider le projet s’il obtient un avis favorable du Département d’État.
 
En attendant cet avis, l’Agence de protection de l’environnement des États-Unis (EPA) avait publié ses commentaires, le 2 février 2015, sur l’analyse environnementale du Département d’État concernant le projet Keystone XL. L’EPA a le droit, selon la National Environmental Policy Act (NEPA) et la Clean Air Act, de réviser les analyses environnementales des autres agences et départements. Selon l’EPA, ce pipeline va entraîner de manière significative une augmentation des émissions de gaz à effet de serre (GES). Rappelons qu’en 2013, le président Obama avait promis de mettre son véto au projet Keystone XL s’il avait des preuves que ce projet allait émettre de grandes quantités de carbone.
 
Le pipeline Keystone XL, d’une capacité de 830 000 barils par jour, doit augmenter la capacité d’un réseau déjà en place d’une capacité de 600 000 barils. L’EPA estime que ce projet sera à l’origine d’émissions de 1,3 à 27,4 millions de tonnes métriques de dioxyde de carbone par année dans l’atmosphère, soit l’équivalent des émissions d’environ huit centrales au charbon. La chute récente du prix du baril de pétrole pourrait aussi avoir un impact supplémentaire sur les émissions de GES.
 
Ce véto d’Obama augmente encore les incertitudes sur la réalisation de Keystone XL. Cette décision risque de retarder davantage le projet et d’augmenter les coûts. TransCanada a déjà reconnu que le retard dans la réalisation du projet a entraîné une augmentation de 48 % du coût depuis 2008. Au 30 septembre 2014, l’entreprise avait déjà dépensé 2,4 milliards de dollars dans le projet.
 
(Sources : Gale Courey Toensing, « EPA: Keystone XL’s Oil Sands Crude Would ‘Significantly Increase’ Greenhouse Gas Emissions », Indian Country, 10 février 2015, http://urlz.fr/1E2M, réf. du 26 février 2015; Gilles Paris, « Barack Obama met son veto au projet Keystone XL », Le Monde, 25 février 2015, http://urlz.fr/1E2P, réf. du 26 février 2015; Rebecca Penty, « TransCanada Says Keystone XL Costs Increase to $8 Billion », Bloomberg, 4 novembre 2014, http://urlz.fr/1E2T, réf. du 26 février 2015.)